Une journée qui commence très mal

Une journée qui commence très mal - Nikita Richards

Aujourd’hui, j’attendais le bus qui avait du retard, comme à son habitude. Je faisais des allers et retours, en piétinant et m’impatientant, car j’allais être en retard pour mon audition. Je prépare cette pièce de théâtre depuis si longtemps. J’ai toujours rêvé d’obtenir le rôle féminin principal. Ce n’est pas gagné si je n’ai même pas la chance de me présenter à l’audition et de montrer mes talents et ma motivation ! J’ai trente-cinq minutes de trajet pour me rendre à cette audition. Il est huit heures dix-huit et cela commence à neuf heures moins dix. Je n’ai vraiment plus beaucoup de temps ! Il n’y a aucun taxi en vue, je ne sais pas quoi faire. J’envisage toutes les options possibles, appeler un taxi pour indiquer où je suis et que j’ai besoin d’urgence de me rendre en centre-ville, faire du stop, même si cela est dangereux, attendre le bus, tout simplement. L’attente est insoutenable, et je me dis que je n’ai vraiment pas de chance. Pourquoi faut-il qu’il soit encore en retard aujourd’hui ? Cela fait la troisième fois cette semaine, c’est insupportable !

Au bout de quelques minutes, sans que je ne comprenne pourquoi, la petite dame qui était aussi en train d’attendre le bus en même temps que moi, commence à me gronder en me disant que je la stresse en gigotant comme une puce sans cesse. Je la regarde avec un regard noir, ce n’est pas le moment de m’embêter ! Celle-ci continue en me disant qu’elle n’a vraiment pas besoin de voir quelqu’un qui ne tient plus en place et qu’elle a besoin de repos. Elle continue en me racontant sa vie, je bous d’énervement.

En un très court lapse de temps après le début de ses histoires, le bus arrive et je cours pour m’y installer. La petite dame me rejoint en marchant très lentement et s’installe à côté de moi. Je me dis que c’est vraiment une journée qui commence très mal. Elle ne s’arrête pas de me parler, et ne remarque pas que je ne suis pas en état de l’écouter et que je n’ai pas envie de discuter. Elle me parle de ce qu’elle aime, de ces soucis, du fait que le docteur vient de lui annoncer qu’elle va devoir subir une opération des varices au laser et qu’en plus de cela, elle est malade. Un vrai moulin à paroles !