Une belle rencontre

Une belle rencontre - Nikita Richards

De temps à autre, il faut oublier ses mélancolies, ses peurs, ses malheurs et essayer de vivre la vie, arrêter de la subir pour voir un peu de lumière même dans les choses banales. Il faut essayer de vivre, car la vie est courte, cueillir le moment présent, trouver de la joie ou à défaut s'en créer. Évitez de vous emmurer, de vous cacher ou encore, de vous enfermer dans votre bulle. Même les oiseaux chantent après la tempête, alors pourquoi les gens ne se délectent pas de chaque moment de leur vie. Moi, j'ai compris.

J'étais une fille fantôme, une traumatisée de la vie, une dépressive inconditionnelle, une fille solitaire à problèmes, et par-dessus tout, prisonnière. Prisonnière de ma propre bulle, je me méfiais du monde extérieur, j'avais peur des regards des gens, de leurs murmures, j'étais arrivée au point où je sortais rarement de la maison, et même de ma chambre. Ma mère me déposait à l'école et revenait me chercher, je me refusais même à marcher la petite distance qui me séparait de chez moi. Jusqu'au jour où je découvrais ce jeune garçon, Paul.

Un jour, ma mère n'était pas venue. Paul s'approcha de moi, le premier d'ailleurs depuis longtemps et me demanda s'il pouvait me déposer, vu qu'il habitait juste à côté de chez moi. Surprise, j'étais loin de m'imaginer que c'était mon voisin, je refusais, mais avec son insistance, j'acceptais. Il est déménagé dans ma ville depuis une semaine, il habitait en face de chez moi et il me voyait chaque jour en compagnie de ma mère. J’étais sidérée quand il m'eut dit qu'on était ensemble en cours d'anglais, je me demandais comment je n'ai pas pu remarquer mon nouveau voisin et de surcroit, mon camarade de classe. Arrivée, je le remerciais et entrais dans la maison confuse, et en même temps fâché envers maman qui n'était pas venue me chercher. Le lendemain, nous nous rencontrions encore à l'école, cette fois-ci, j'osais le regarder, comme il était beau avec sa grande taille, le plus long de la classe. Il me salua, me sourit, et me fit signe de venir, j'allais le rejoindre quand la cloche sonna. On se rencontrait sur le chemin du retour, cette fois-ci, il n'avait pas sa voiture, alors on marcha. Il me parlait de lui, de sa vie, de ses goûts, de son ancienne ville, je l'écoutais, ou plutôt je me délectais de ses paroles. Paul avait une vie enthousiaste, il aimait sortir, profiter de la vie, respirer, tout mon contraire.

Plus tard, Paul était devenu mon meilleur ami, mon binôme, on faisait tout ensemble, même la livraison rapide de colis pour maman. Pour la première fois, je m'étais sentie vivante, on allait au parc, à la mer, la nuit, on allait s'asseoir sur un banc et on humait l'air du soir tout en observant les étoiles. On s'amusait même à donner des noms à ces astres célestes et à se raconter des histoires. On riait aux éclats, j'oubliais mes problèmes, il oubliait les tiens, on se complétait.