Mon exercice du matin

Mon exercice du matin - Nikita Richards

À tous les matins, je dois faire de la course.  C’est primordial pour moi de ne jamais rater une seule fois.  Sinon, je me sens déboussolée, défraîchie, et en grand besoin de bouger.  Je suis tellement habituée que je fais mon parcours sans même y penser.  Je passe sur les sentiers et dans les petites rues du quartier sans regarder où je me dirige.  Si je n’avais pas peur de frapper quelqu’un d’autre ou une voiture, je le ferais les yeux fermés !  Mais là, on n’exagère pas, je dois tout de même être prudente !  Mais bon, vous comprenez le principe : je fais du jogging, sinon je crève, tout simplement !

Mais, quelle ne fût pas ma surprise, qu’un beau matin cet été, un matin où la température s’est élevée à 35, ce qui est assez inhabituel, un voisin s’est joint à moi.  Je ne savais pas pourquoi.  Je le connaissais de face et de nom : il s’appelle Marco, possède une belle Harley-Davidson, et a tellement de tatouages sur les bras qu’on peut à peine les distinguer.  Mais, à part cela, je ne sais rien de lui.  Par contre, on a couru ensemble pour le trajet complet, sans parler.  On avait tous les deux les idées envahissantes et on était chacun dans notre petit monde.

Quand on est arrivé près de chez nous, il s’est dirigé vers sa porte, m’a salué, et m’a crié : « À demain matin ! »  Moi, de mon côté, je suis passée par le rideaux extérieur pour terrasse et je me suis dirigée vers la porte du balcon.  Je l’ai ouvert, j’ai enlevé mes espadrilles et je me suis dirigée vers la cuisine pour un grand verre de jus d’orange fraîchement pressé.  Je suis revenue m’asseoir sur le balcon pour contempler ce qui venait tout juste de se produire.  Mon chien, un Malamute aux yeux bleus perçants, s’est assis par terre près de ma chaise pour se faire flatter.  Je lui grattais l’arrière des oreilles sans trop y penser, car j’avais la tête ailleurs.

C’est bien que mon voisin soit venu avec moi courir, je crois.  Oui : j’en conclus que c’était une bonne chose.  Nous pouvons nous exercer ensemble ou, du moins, aussi longtemps qu’il voudra.  Après tout, ce n’est pas une chose si terrible que de prendre le temps de connaître ses voisins un peu, non ?  Voilà, je vais voir si je peux me concentrer demain et tenter de commencer une conversation avec lui.